La situation dans un conflit intergénérationnel
Antoine, vingt-deux ans, stagiaire, lance en réunion : « franchement, vous faites ça comme il y a quinze ans ». Les seniors ne répondent pas, ils échangent un regard. Les jours suivants, il n’est plus sollicité, ses propositions restent sans réponse, et il conclut que l’équipe est fermée. Les seniors, eux, décrivent quelqu’un qui donne des leçons avant d’avoir livré quoi que ce soit. Les deux camps ont partiellement raison, et chacun trouve dans le comportement de l’autre la confirmation de son diagnostic.
Pourquoi c’est difficile dans un conflit intergénérationnel
Le registre générationnel donne à chacun une explication toute faite qui dispense d’examiner le fond : « ils sont bloqués », « il n’a aucun recul ». Ces étiquettes rendent le désaccord non négociable, puisqu’on ne négocie pas une génération. La difficulté est aussi asymétrique : le junior est isolé et se sent illégitime, les seniors sont majoritaires et se sentent attaqués dans leur expertise. Un manager qui protège trop le premier isole davantage, un manager qui recadre publiquement le premier lui apprend simplement à se taire.